Le vrai salaire d’un responsable RSE en 2024

38 000 ou 65 000 euros bruts annuels : d’un responsable RSE à l’autre, le salaire peut faire le grand écart. Tout dépend de la taille de l’entreprise, du secteur, de l’épaisseur du CV. Les chiffres impressionnent, mais derrière la montée en gamme de la fonction, les différences de rémunération dépassent parfois 20 % entre deux profils à diplôme équivalent.

Les recruteurs ne jurent plus que par des profils capables de jongler entre technique, droit et management. Les lignes bougent vite et la spécialisation s’invite à la table des négociations salariales.

Pourquoi la RSE s’impose comme un secteur clé pour les entreprises aujourd’hui

La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) occupe désormais une place centrale dans la stratégie des sociétés, qu’il s’agisse de grands groupes ou de PME. Depuis la loi NRE de 2001, puis avec la loi Grenelle 2, le reporting extra-financier ne concerne plus uniquement les géants du CAC 40 : il s’immisce dans tous les rouages, redéfinit les priorités, pousse la direction à rendre des comptes. Impossible d’ignorer la pression persistante des parties prenantes. Clients, collaborateurs, fournisseurs, actionnaires : chacun réclame des preuves concrètes sur le développement durable, loin des discours convenus.

S’investir en RSE, c’est piloter la gestion des risques, protéger la réputation de l’entreprise et ouvrir la porte à de nouveaux marchés. Les attentes s’étendent bien au-delà de l’écologie : organisation de la production, gestion raisonnée des ressources, préservation de la biodiversité figurent au programme. L’aspect social gagne aussi en visibilité : conditions de travail, accès à la formation, santé, égalité des chances… autant de thématiques désormais passées au crible.

Pour mieux cerner cette montée en puissance, il faut revenir sur plusieurs piliers de la démarche RSE :

  • Respect des réglementations : la conformité à la loi NRE et à la loi Grenelle 2 s’impose à tous.
  • Réponse aux attentes sociétales : les engagements RSE influencent la qualité du dialogue avec les parties prenantes.
  • Stratégie d’entreprise : la RSE devient un levier d’originalité et de performance globale.

Les transitions écologique et énergétique ne relèvent plus de la prospective : elles s’inscrivent désormais dans chaque feuille de route. Préserver la biodiversité, gérer plus efficacement les ressources, produire autrement : ces sujets rythment les réunions de direction, loin des simples opérations de communication d’hier.

Quels métiers composent l’univers de la RSE et à qui s’adressent-ils ?

Le panorama des métiers RSE s’est nettement étoffé, porté par l’évolution de la réglementation et la pression croissante des parties prenantes. L’époque du responsable unique s’efface : la filière rassemble aujourd’hui une large palette de fonctions, du pilotage stratégique à la mise en œuvre terrain.

En première ligne, le responsable RSE élabore et pilote la politique de responsabilité sociétale de l’entreprise. Directement rattaché à la direction générale, il structure la démarche, organise audits et diagnostics, fixe les priorités, analyse les résultats. Son champ d’action dépasse largement son équipe : il coopère au quotidien avec les ressources humaines, les achats, la production, la communication ou encore les juristes.

Autre acteur central, le chef de projet RSE concrétise les initiatives. Il déniche les tendances, construit une politique d’achats responsables, sélectionne des matériaux écoresponsables, suit les indicateurs, coordonne les équipes terrain.

À ces fonctions s’ajoutent des profils hybrides, chacun avec un rôle précis et une expertise affirmée :

  • Consultant RSE, que ce soit en cabinet ou en interne, qui pilote la transformation des structures ;
  • Chief happiness officer, dédié à la qualité de vie au travail ;
  • Manager de transition, appelé lors de périodes charnières ;
  • Chief impact officer, garantissant l’impact social et environnemental ;
  • Analyste extra-financier ISR, spécialiste de l’évaluation des pratiques responsables ;
  • Chargé de projet biodiversité, expert en préservation des écosystèmes.

Ces métiers attirent des profils avec une solide expérience en gestion de projet, une aisance en communication, une capacité d’analyse pointue et un intérêt marqué pour les enjeux environnementaux et sociaux. Cette diversité montre combien la responsabilité sociétale des entreprises s’est enracinée dans la gouvernance et la stratégie d’entreprise.

Salaires, évolutions et réalités du marché : ce que gagne un expert RSE en 2024

Le salaire d’un responsable RSE fluctue selon la taille de l’organisation, la nature des missions et le parcours du candidat. À l’entrée dans la vie professionnelle, un jeune diplômé peut espérer entre 25 000 et 40 000 euros bruts annuels. L’expérience et le secteur d’activité font toute la différence. Dans une grande entreprise, un responsable RSE aguerri atteint sans difficulté 100 000 euros bruts annuels, parfois davantage pour des compétences de niche.

Le chef de projet RSE se situe sur une tranche médiane : sa rémunération évolue entre 36 750 et 47 500 euros bruts par an. Moins exposé que le responsable, son rôle reste pourtant décisif, notamment pour piloter les politiques de durabilité et tenir le cap sur les indicateurs extra-financiers.

Côté consultants RSE, la rémunération dépend du niveau d’expertise, du portefeuille de clients et des missions confiées : accompagnement ponctuel, suivi à long terme, secteur public ou privé. Les écarts sont notables, mais la capacité d’adaptation et l’expérience ouvrent des perspectives solides.

Les évolutions de carrière dans la filière sont multiples : direction du développement durable, prise de fonction dans une ONG, voire direction générale pour ceux qui veulent peser sur la stratégie de leur structure. Cette dynamique traduit la reconnaissance croissante de la fonction RSE, qui s’impose comme un pilier des ambitions d’entreprise.

Discussion entre experts et dirigeants sur la RSE en réunion

Formations et parcours : comment se préparer à une carrière prometteuse en RSE

Choisir une formation RSE pertinente conditionne l’accès aux postes à responsabilités. Les employeurs recherchent avant tout des diplômés Bac+5 spécialisés en développement durable, environnement ou management responsable. Sur tout le territoire, les masters dédiés se multiplient : développement durable, éco-développement, management durable, RSE… Leur approche transversale forge des profils capables de faire le lien entre stratégie, reporting et dialogue avec les parties prenantes.

Maîtriser les normes ISO est attendu : ISO 26000 (responsabilité sociétale), ISO 14001 (management environnemental) et ISO 45001 (santé et sécurité au travail) sont devenues incontournables. Cette expertise technique, alliée à une culture réglementaire solide, crédibilise la fonction et rassure la direction.

Pour convaincre les recruteurs, il faut développer plusieurs compétences clés :

  • Gestion de projet et accompagnement du changement
  • Capacité d’analyse, de synthèse et de rédaction
  • Négociation et anglais professionnel
  • Maîtrise des outils digitaux
  • Sens de l’écoute et aisance relationnelle

Les expériences transversales, l’engagement associatif ou la participation à des projets pilotes permettent de se démarquer et d’avancer dans le secteur.

Mais les diplômes et la technique ne suffisent pas. Ce qui fait la différence, c’est la faculté à traduire la théorie de la RSE en actions concrètes. Qu’il s’agisse de produire un reporting ESG ou de fédérer les équipes sur le terrain, c’est dans l’efficacité opérationnelle que la valeur se révèle vraiment.

La RSE attire chaque année davantage de profils motivés à transformer l’entreprise, bien au-delà des effets d’annonce. Pour ceux qui s’y engagent, chaque mission devient un laboratoire où l’implication dessine déjà le monde professionnel de demain.

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